Beauty, Portraits
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{I did IT !} by Hawa

Une découverte touchante et marquante! Mashallah !

Extrait de l’article d’Hawa sur son Blog : I did IT !.

“Le mardi 09 octobre 2013, je me suis jetée à l’eau !

D’ordinaire timide devant les gens que je ne connais pas je suis finalement montée sur scène ! :D

Laissez -moi vous racontez cette folle soirée en détail !

Tout d’abord un petit flash-back s’impose. Comment m’est venue l’idée d’écrire Mon voile, ma liberté ?

Je suis passionnée par l’écriture depuis très jeune et même s’il y’a eu de longues périodes où je n’écrivais plus, ces derniers mois ma passion a comme « reprit le dessus ». Je ressentais comme un pressant besoin d’écrire.

Une chose en entraînant une autre, étant bénévole à l’AFEV durant l’année 2012-2013, j’ai pu découvrir le site blog zep l’étudiant tenu par des journalistes français dans lequel les étudiants, jeunes ou plus âgés pouvaient envoyer leur textes afin d’être publiés sur le site.

Même si auparavant je continuais à écrire des textes (idées de scénarios ou roman) cette fois le style était bien différent puisque le site était comme une tribune ou chacun pouvait crier ses joies, ses colères ou encore sa lassitude concernant des sujets divers (études, amour, chômage etc). Consciente des difficultés de notre génération, j’ai donc voulu apporter ma petite contribution et envoyer quelques textes qui ont par la suite été publiés. J’ai été honorée de voir l’un de mes billets publiés sur le site du Huffington Post français même si certains commentaires laissaient à désirer.

Ainsi, j’ai continué à écrire de mon côté des textes sur un peu tout ce qui passait dans mon esprit, la peur de l’avenir, les difficultés que doivent surmonter les jeunes de nos jours mais aussi sur l’espoir, la combativité et par-dessus tout la volonté de réussir. J’ai aussi orienté quelques textes en incluant des références Islamiques car certaines valeurs que prône l’Islam sont en fin de compte universelles : la paix, l’amour, la solidarité, la générosité.

Il est clair que l’année 2013 a été riche en matière d’actes islamophobes et d’attaques contre les français de confession musulmane. J’en ai été profondément marquée d’autant plus que j’avais l’impression que ces actes n’étaient pas fréquemment condamnés. C’est ainsi que trottait dans ma tête l’idée d’écrire un texte sur le voile que je porte depuis un an.

Les récentes agressions de femmes voilées m’ont indignée et attristée. De plus, j’ai souvent eu l’impression qu’on ne laisse pas beaucoup la parole aux femmes musulmanes. Peut-être aussi qu’on ne se manifeste pas assez. On parle toujours des musulmanes, de ces « femmes voilées » sans jamais leur demander leur avis. Alors je voulais un texte profond, qui vient de l’intérieur, un texte sincère.

Porter le voile ne signifie pas être soumise ou malheureuse. On peut porter le voile fièrement, c’est une liberté. Pourquoi devrions-nous nous conformer à l’idéal occidental ? Ma liberté à moi c’est de me voiler. Je ne fais pas de mal à personne. Je ne cherche pas à faire du prosélytisme. La pudeur est une valeur essentielle de ma religion, pourquoi vouloir me l’enlever ? C’est mon choix.

Une fois que je me suis décidée sur ce thème, les idées ont fusées. J’ai écrit ce texte pour mes sœurs, musulmanes ou non, voilées ou non voilées, pour toutes celles qui souffrent de ne pas pouvoir exprimer librement leur identité.

Mon texte était terminé. Maintenant il fallait le faire vivre. Alors je pensais aux scènes slam. Pas besoin de musique, pas besoin d’instru, pas d’objets.
Rien, juste une présence sur scène.

J’ai toujours été effrayée de parler devant de grandes assemblées, (voilà pourquoi je ne l’ai jamais fait ) alors slamer dans un bar même s’il n’y avait pas non plus foule c’était un grand pas pour moi. Je devais partager ce texte, j’étais sûre qu’il toucherait des gens et aiderait des personnes à mieux comprendre ce choix. Comprendre qu’on ne peut réduire quelqu’un à ses croyances religieuses et que chaque personne est avant tout un être humain.
Je slame mon texte devant ma meilleure amie qui le trouve très réussi. Deux mois plus tard, je suis presque prête et lui propose de m’accompagner sur la scène slam du bar maison des poètes, Culture Rapide à Paris.

Je stresse énormément et elle ne cesse d’essayer de me rassurer. C’est vraiment une amie en or. En arrivant dans le bar on est accueilli par les gérants qui sont très gentils, la décoration est pleine de couleurs vives. Après nous avoir proposé la carte, j’envois mon amie quérir des informations auprès des barman car je suis tellement stressée que j’ose à peine demander comment cela va se passer.

Quelques minutes plus tard elle revient et me dit qu’il suffit de s’inscrire, ensuite les noms seront tirés dans un chapeau. Je prie intérieurement de ne pas passer dans les premiers. Le bar se remplit petit à petit, les gens sont décontractés, j’ai l’impression d’être la seule a stresser comme une malade.
J’aperçois l’animateur de la soirée qui répète son futur texte, concentré dans un coin de la salle. Tout d’un coup j’ai peur d’oublier les paroles de mon texte que je connais pourtant par cœur. Je décide de les écrire dans le mémo de mon portable. Au cas où.

L’animateur de la soirée slam annonce le début de la soirée et fait un discours d’entrée en nous rappelant les origines du slam inventé en 19 à Chicago puis les premiers poètes défilent. Les textes sont tous plus originaux les uns que les autres, les poètes si inspirés. Les mots et les rimes valsent dans la salle nous transportant dans des univers si uniques et différents. Je remercie Dieu à chaque fois que l’animateur annonce le nom d’un poète. Puis finalement, Dieu a entendu ma prière, je passe en dernière, j’ai assez eu le temps de stresser. Maintenant il faut y aller.
Une dernière prière afin de me donner le courage sur scène.

L’animateur sachant que c’était ma première et que j’étais hyper stressée m’a annoncé en demandant au public de m’encourager. Ils hurlaient tous des messages d’encouragement qui m’ont beaucoup touchée. Une fois sur scène, j’ai tellement peur mais en même temps je me rappelle pourquoi je suis là.
Mince, j’avais pas vu que la salle s’était autant remplie entre temps. Toutes ces paires d’yeux fixés sur moi, c’est un moment qui restera unique. Je tremble des mains et même des lèvres, ça ne se voit pas dans la vidéo mais en réalité on entendait même un petit tremblement dans ma voix.

Je suis effrayée et étrangement, tout ce stress se libère dans ma gestuelle. J’essaie d’occuper toute la scène. Le stress ne m’aura pas. Je commence à clamer mes premières lignes, je sens tout de suite que la sauce prends. Les gens ont l’air concentré. Quand j’arrive au milieu du texte, je sens que mes paroles touchent certaines personnes et j’en suis très émue. Je suis également émue car je pense aux agressions des femmes voilées, à tous les actes discriminatoires envers les musulmans mais aussi au fait que la discrimination ne devrait plus exister.

Sans m’en rendre compte j’ai déjà fini, je récite mes dernières lignes au bord des larmes. Ce texte vient du cœur. Le public applaudit longuement. Une des plus belles soirées de ma vie.”

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